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Une nouvelle inattendue x 3

  • soleneboutinjardin
  • 12 juil. 2022
  • 4 min de lecture

Nous sommes en novembre 2020, les restrictions sanitaires font loi et avec mon mari, nous réfléchissons sur le sens de notre quotidien. Nous vient alors le besoin de créer quelque chose à nous, notre propre famille. C'était bien évidemment prévu lorsque nous nous sommes mariés, mais nous voulions attendre un peu. En réfléchissant, nous sommes propriétaires, en CDI tous les deux, nous nous aimons... Je fais donc retirer mon stérilet en cuivre tout en précisant à mon gynécologue que depuis quelques mois, j'ai des cycles irréguliers. Ça ne semble pas l'inquiéter, alors je passe outre.

S'ensuivent alors 6 mois d'attente, durant lesquels je prends l'irrégularité de mes cycles pour des retards. J'enchaîne donc les tests de grossesse, jusqu'à 6 en un mois. Ils reviennent tous négatifs. Mon humeur le devient également. Je suis irascible, me sens inutile et incomprise. Je ne comprends pas pourquoi mes cycles sont aussi inhabituellement longs et autant inconstants. Même si cela ne fait que quelques mois, je me sens dépossédée de mon propre corps.

Je décide alors de me faire confiance et d'arrêter d'attendre. Je sens que quelque chose n'est pas normal et je consulte un autre gynécologue. Lors de l'échographie pelvienne, il me diagnostique une anomalie d'ovulation. Physiologiquement tout est bien en place, mais il pense que j'ai un déficit hormonal et me prescrit un traitement de stimulation d'ovulation. En me donnant l'ordonnance, il me dit que si je ne suis pas enceinte dans deux mois, on commencera un vrai parcours de PMA. Je sors du cabinet étonnamment soulagée, j'ai réellement un problème et il existe des solutions.

Je prends donc scrupuleusement mon traitement, note chaque changement dans mon corps, guette les signes d'une ovulation... Premier soulagement, le traitement marche, j'ovule et mon cycle dure 28 jours. Puis déception, je ne tombe pas enceinte. Qu'à cela ne tienne, la machine est relancée, je prends mon mal en patience. Nous sommes début août 2021, nous partons en vacances, j'oublie le stress, le covid, le boulot le temps de 3 semaines en amoureux et en famille.

Fin août, je commence à être dégoutée de la nourriture. Je n'arrive pas à manger. Je connais ces signes, je les ai eu plein de fois ces 6 derniers mois et je les avais pris pour des symptômes de grossesse. Je fais donc un test de grossesse sans grande conviction. En attendant les résultats, je n'y pense pas trop, je ne veux pas revivre les déceptions des fois précédentes. Je pose donc le test sur un coin de table, et nous nous affairons avec mon mari, ce soir, nous recevons du monde. Au bout de 3 minutes, je passe devant le test et jette un coup d'oeil furtif : 2 bandes. Je m'arrête et regarde plus en détail... Je suis enceinte ! J'en pleure, mon mari aussi... Nous allons devenir parents. Le traitement a fonctionné !

Mes symptômes s'intensifient. Je suis épuisée au bout de trois semaines de grossesse. La prise de sang révèle un taux très élevé de BHCG. Je prends ça comme un bon signe, le bébé s'accroche. Je n'arrive plus à manger, je suis amorphe. Je me fais arrêter une première fois deux semaines. Je prends rendez-vous pour l'échographie de datation. Il faut attendre 6 semaines après la date des dernières règles. Je prends mon mal en patience. Je retourne au travail mais je ne tiens pas le rythme. Je me fais arrêter à nouveau. L'idée qu'il s'agit peut-être d'une grossesse gémellaire se met à germer dans un coin de ma tête, mais je ne veux pas trop y penser.

Seule ma mère et mon mari sont au courant de ma grossesse. Le cacher à notre famille proche n'est pas très compliqué puisque nous vivons loin d'eux. Pourtant se profile une réunion de famille deux jours avant l'échographie de datation. Je passe le week-end à me maitriser, à ne pas montrer que je n'ai pas faim, à cacher que je ne bois pas d'alcool, à masquer ma fatigue par le fait d'avoir voyagé... Le 11 octobre, arrive enfin la date tant attendue. Nous allons savoir si la grossesse a bien démarré... Juste avant de partir, je suis prise de vomissements, symptôme que je n'avais encore pas ressenti.

Nous arrivons dans la salle d'attente. Je me dis de plus en plus que j'attends peut-être deux bébés au vu de la puissance de mes nausées. C'est mon tour. Le gynécologue nous fait entrer dans son cabinet. Je monte sur la table et le médecin me fait l'échographie. Nous attendons dans un silence à couper au couteau. Il retire la sonde d'échographie, nous regarde à tour de rôle, essaye de s'adosser sur son tabouret, manque de tomber à la renverse et nous dit "Bon, il y en a trois". Sur le coup, nous ne percutons pas qu'il parle des bébés. Mon mari, qui ne voyait pas l'écran, se rapproche. Le gynéco recommence son échographie et nous comptons avec lui les embryons : 1, 2, 3 !

Nous attendons des triplés. Nous éclatons de rire tout le reste de la consultation. Il m'annonce que je n'irai pas au terme de la grossesse, que j'accoucherai par césarienne, certainement à Lyon, et il m'arrête jusqu'au début de mon congé maternité 1 mois et demi plus tard. Nous n'arrivons pas à nous arrêter de rire, nous restons 30 minutes dans le bureau de la secrétaire pour réussir à nous calmer, nous énumérons tous les achats qu'il va falloir faire. Elle rit avec nous.

Nous quittons le cabinet et allons nous asseoir en terrasse pour atterrir et réaliser que notre vie va changer. Nous décidons de ne pas attendre les trois mois habituels pour l'annoncer à nos proches. C'est une bombe que nous largons auprès de nos frères, soeurs, parents et grand-parents. Nous sommes tellement heureux. Nous passons la nuit à regarder des reportages sur la vie avec des triplés.



Première photo de nos triplés


 
 
 

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